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Rivoire & Carret ,un peut d'histoire...

Du XVIème siècle à 1925

 

1)  DOSSIER HISTORIQUE:

 

 On trouve dans un livre du Comité du Vieux Marseille « Saint Loup et ses Bastides » , les premiers éléments sur les terrains qu'occupait l’Usine Rivoire & Carret. Au seizième siècle, ceux-ci étaient le bien des religieuses de Saint Sauveur. L'abbé CAYOL nous apprend que cette section s’appelait Leis Mougeos et jouxtait La Pomme. En fait, le domaine est à cheval entre Saint Loup, Saint Marcel et la Pomme (annexe 1).

 

 Alfred SAUREL nous raconte: 

« Sur la route d’Aubagne se trouve le domaine de la Moutte dont il est question dans la charte n° 757 du cartulaire de Saint Victor: VILLA QUAM DICUNT MOTA, année 1045 environ. Le château, en 1486, était tenu par le Baron de CANNET (registre n°55 de l’Évêché) et entre plus tard dans la famille de Monsieur le Conseiller DUPUY de la MOUTTE ».

 

En 1834 le château et les terrains qui l’entourent appartiennent à la famille THOMASSIN de PEYNIER. Les biens de la famille passent aux mains d’Henriette de THOMASSIN PEYNIER, fille unique du Marquis de PEYNIER, devenue Marquise FORBIN d' OPPEDE par son mariage.                

           

Le Marquis et la Marquise décédés respectivement en 1863 et 1860, les biens des FORBIN sont partagés. Le domaine de la MOUTTE échoit à la Famille VILLENEUVE-BEAUREGARD.                        

           

En 1930 le château est occupé par Monsieur Albert de Pavin de Lafarge (des cimenteries Lafarge) et son épouse VILLENEUVE - BARGEMON. Ce château existe toujours et sert de centre pour enfants (annexe déjà fournie « Nos quartiers Enfants de l'Huveaune »). A l'époque les  terrains de la propriété  jouxtent l’Huveaune, le Boulevard de la Pomme et la grande Route de Marseille à Toulon.                

 

Les 10, 12,13 mars 1925 les propriétaires du Domaine de la MOUTTE vendent une partie des terrains .Cette vente est conclue  à l'étude de Maitre MALAUZAT entre :

 

Madame Marie Roseline Joséphine Alexandrine DE VILLENEUVE- BARGEMON, épouse de Monsieur Marie Joseph  Albert PAVIN DE LAFARGE

Monsieur Louis Alphonse Marie Joseph de VILLENEUVE - BARGEMON

Madame Marie Joséphine Thérèse de VILLENEUVE - BARGEMON

 

Et

 

La société en commandite par actions « CARRET FRERES & Cie »

 

 

Nous retrouvons sur l'acte de vente quelques renseignements :

 

« Pour un terrain d'une superficie de cinquante mille mètres carrés à détacher et démembrer du domaine de la MOUTTE situé à Marseille au quartier de Saint Loup et à prendre en façade sur la route de Marseille à Toulon sur le Boulevard de la Pomme ».

Sur  cet acte de vente, il est précisé à l'article 

 

 

Entrée en Possession-Jouissance:

 

 

 

« Sur le terrain vendu existent  les bâtiments de la Bousquette comprenant une maison de maitre et une habitation pour le fermier avec dépendances .

 

 

 

 

 De  1925 à nos jours

 

 

 

 

LA CONSTRUCTION

 

 

 

Nous savons que l'usine a été construite entre 1925 et 1930, date de sa mise en service.
Malheureusement, malgré différentes recherches nous n'avons pu trouver le nom de l’architecte. A cette époque là, le permis de construire n'était pas obligatoire, une simple autorisation suffisait, et le nom de l'architecte pas toujours précisé. Pourtant un nom revient souvent: Monsieur Germain FAURE. Nous avons trouvé son nom dans divers actes de 1931(déjà donné), certains historiens d’art l'ont aussi mentionné mais nous n'avons  aucune certitude.

 

Nous savons que la maison de maître a été pendant longtemps la demeure des différents directeurs de Rivoire & Carret à qui elle appartiendrait toujours. Les dépendances, situées sur le boulevard de la Valbarelle, sont peut-être la partie la plus ancienne de l'usine.

 

Sur un acte notarié de 1931(déjà fourni), nous avons trouvé des éléments sur le bâti lors de la construction en 1925dont voici le descriptif:

 

 Un groupe de bâtiments à usage industriel, couvrant une superficie de treize mille cinq cent vingt un mètres carrés (13521 m2) avec salles de douches, sanitaires, vestiaires et bureaux.

Il comprend en outre de nombreuses dépendances dont:

Chaufferie, logements de directeur et de concierge, garages, poste électrique et salle de pompes pour l’alimentation en eau, deux réservoirs en béton armé de cent trente cinq mètres cubes environ chacun,

Les locaux annexes indépendants de l'usine couvrent une superficie de cinq cents mètres carrés environ,(500 m2)

Ces bâtiments sont fondés sur pilotis en béton armé et construits en maçonnerie,

Les toitures sont en tuiles plates sur charpentes fer et bois. Certaines dépendances par toitures terrassés en béton armé,

Les planchers sont construits en fer et bois,

Toutes les façades sont couvertes d'un enduit au ciment imitant la pierre de taille,

Les bâtiments sont carrelés en carreaux d'asphalte,

La surface totale des cours est de mille quatre cent trente un mètres carrés (1431 m2), Ces cours sont pavées moitié grès et moitié en carreaux d'asphalte,

Un système de canalisation en grès à l'intérieur à l'extérieur permet l’évacuation des eaux de l'usine et de pluie vers l' Huveaune,

Un portail coulissant de fer et un abri en maçonnerie constituent l’entrée.

Les chaussées desservant l'usine et les logements sont empierrées et cylindrées sur deux mille mètres carrés, (2000 m2)

Le terrain est entièrement clos par un mur en maçonnerie avec chaperon en ciment ton pierre.

L'ensemble représente une superficie de cinquante mille deux cent vingt trois mètres carrés quatre vingt quinze centièmes de mètres carrés (50223,95 m2) et est inscrit au cadastre de la commune de Marseille lieu dit Saint Loup (Plan de 1925) :                                                                    

.  Au Nord et à l'ouest Coder

.  Au sud la route de Marseille à Toulon

.  A l'ouest le Boulevard de la Pomme

 

 

Cette usine se nommera « la SIPA » et occupera les locaux construits sur les dits terrain.  

 

 

 

 

 

1941

 

Autorisation préfectorale pour un dépôt souterrain de liquides inflammables de 1ére catégorie d'une capacité de 3711 litres.

           

                       

1948

 

Vers 1948, la SIPA, usine de Saint Marcel (datant de 1926) déménage vers la Pomme. Fermée définitivement en 1955, les bâtiments seront repris par Prior. En 1948 la SIPA devient RIVOIRE & CARRET (société déjà existante depuis 1855 à Lyon),                                                                                                    

 

1953

 

Modification du cadastre.

Projection d'une voie partant du boulevard de la Pomme (certainement le chemin allant aux jardins Coder nommé au cadastre voie sans nom Boulevard Heckel)

 

 

 

1970

 

Pas de grand changement au cadastre

 

1988

 

 

Construction des laboratoires et différents bureaux sur la partie prés de l' Huveaune

 

 

 

Cette usine cessera son activité en 2003

 

 

 

 

ELEMENTS D'ACTUALITES

 

 

 L’usine actuelle a succédé à celle de Saint Marcel vers les années 1930, les terrains ont été achetés en 1925. Il semblerait qu’un bâti existait déjà (emplacement d’une maison de fermier avec dépendances.).

  

LIEN AVEC LE QUARTIER

 

 Cette usine est un lieu emblématique dans le quartier. De nombreux habitants du secteur et sur plusieurs générations ont été ouvriers chez Rivoire & Carret. Le lotissement où se trouve la cité Michelis (classée au patrimoine du XXème siècle) construite par  Gaston Castel a été acheté avec l’aide de la Famille Carret. Le dispensaire construit par Madame Carret pour les enfants des employés au bâtiment 31 de la Cité, sert aujourd'hui de halte garderie et de centre aéré.

 

 

 

LES DIFFERENTES VIES DE L'USINE

 

En 1968, les familles CARRET et CARTIER -MILLON créent le Holding RIVOIRE & CARRET LUSTUCRU

 

En 1971, la famille CARRET cède ses parts à la Famille COHEN-SKALLI

 

En 1988, regroupement des activités industrielles et commerciales. Sigle : RCL

 

            En 1989, LUSTUCRU (Famille CARTIER-MILLON) cède sa participation dans le groupeCOHEN-SKALLI

 

Malgré les différents propriétaires de l'usine de la Pomme, le nom de RIVOIRE & CARRET est toujours resté sur le fronton de l’usine.     

 

 

A sa fermeture, l’usine a été rachetée en 2003 par la Ville de Marseille. Au moment du rachat, le terrain mesurait 46862 m2. La partie manquante sur les 50000m2 d’’origine, serait due à la construction de l’autoroute, au non rachat de la maison de maitre et à la partie rachetée par les Jardins Coder lors de leur déménagement. Au début, le projet de la municipalité était de mettre en place un pôle logistique de nettoiement. Mais, un collectif d'habitants s'est créé pour proposer une autre affectation de ce bâtiment emblématique de la Vallée de l'Huveaune,  

 

 

A ce jour

 

 

 Certains services municipaux de Marseille Provence Métropole occupent une grande partie du site. Des travaux ont été réalisé  afin de rendre ces lieux utilisables pour ces nouvelles fonctions. Ceux-ci utilisent surtout la partie construite en 1988 . On y trouve le service de la voirie, une zone de stationnement des véhicules de nettoiement, un parc de matériaux divers (dallages, barrières, petits stands…).

 

Cependant, une grande partie, la plus ancienne  n’est pas occupée. Elle devrait voir l’arrivée d’une caserne de pompiers en 2011 et par la suite, le Pôle Culturel. 

Malheureusement, en attendant le début des travaux les bâtiments datant de 1925 commencent à se dégrader  cruellement.




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