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Les Fées de l’Huveaune : Ubelka, Rose, Marie, La Lavandière et Ophélie

Contexte du projet

 

Une série de cinq sculptures publiques pérennes Les Fées, prenant la forme de personnages féminins, vont être installées le long de la vallée de la rivière l’Huveaune, entre la source, la profondeur des montagnes de la Provence et de l'estuaire du port de la mer Méditerranée de Marseille. L'impulsion de ces sculptures est basée sur des textes historiques, des légendes et des histoires autour de la vallée et la présence féminine associée à la rivière. 

De la préhistoire à l'antiquité, nous savons que le culte des déesses mères était commun.  La Valée d’Huveaune était nommée «Ubelkabus» qui signifie «La Mère de l'Huveaune" en grec ancien, comme c’était d’usage pour le culte des nymphes - déesses mineures et divinités de la nature. Et plus spécifiquement le culte des naïades, les filles de Zeus, qui président aux sources, rivières et ruisseaux. A l'époque romaine, Ub Elka était le protecteur de l'eau et de leurs sources et symbolisait la générosité de la nature.

 

Une légende locale raconte que les trois Maries : Marie Salomé, Marie Jacobé et Marie-Madeleine sont arrivées de Palestine au port de Massilia (Marseille). Elles se rendirent à Saintes Maries de la Mer (à présent un lieu de culte Rom). Marie-Madeleine se retira dans les montagnes de la Sainte Baume dans la grotte de Castelletti. Il est dit qu’au cours de son ermitage, elle pleura des larmes pour créer la source de l'Huveaune.

Dans le sud de la France au Moyen Âge, surtout pendant la période de l'art roman, les vierges noires ont été nombreuses. Il y a d’ailleurs encore une statuette à Saintes Maries de la Mer, et également dans l'église de St Giniez située à Marseille, le long de la vallée de l'Huveaune.

 

Les documents historiques rapportent le tumultueux passé de l'Huveaune en périodes de crues. Les courants d’une vitesse allant jusqu'à 500 mètres cubes d'eau par seconde, emportaient de nombreux objets, des maisons, des habitants ont même péri dont une femme nommée Rose Sidolle en 1778. Le romancier Maurice Bouquet (1876), décrit dans une histoire mystérieuse, «La Fée de l'Huveaune », la puissance cachée d'un être surnaturel en provenance du lit de la rivière, s’abritant parmi les plantes aquatiques, qui provoque la noyade.

 

Le légendaire, le surnaturel et l'imaginaire qui perpétuent l'histoire de l’Huveaune est l'inspiration pour cinq personnages féminins qui deviendront les nouveau esprits de l’Huveaune, perpétuant ainsi l'histoire et les légendes de la fondation de Marseille.

 

 

Le Ballet National de Marseille - interprétation contemporaine 

 

L'objectif de la collaboration avec Le Ballet National de Marseille sera la recherche d’interprétations contemporaines de ces contes de fées romantiques, des ses esprits, sorcières, nymphes, gitans, et déesses mères.

 

Les cinq personnages féminins (les fées) ont été nommés: Ubelka, La Lavandière, Rose, Marie et Ophélie. Ubelka, Rose et Marie appartiennent déjà à la vallée de l'Huveaune. La Lavandière est basée sur la représentation romantique de la blanchisseuse. Ophélie est un personnage d’Hamlet de Shakespeare, qui a été si bien peint par Millais. En observant de près son tableau Ophelia (1852), à la Tate Britain, nous voyons le symbolisme de la Vierge avec les mains ouvertes, entourée de plantes aquatiques, qui incarne l'enchevêtrement et la mort.

 

Au cours du workshops, nous explorerons une série de tableaux choréoraphiques, évoquant les postures, les poses et les émotions que ces femmes inspirent chorégraphiquement : la contemplation, la tristesse, ou d'autres gestes caractéristiques de l'esprit de ces femmes. Guidées par les artistes, une sélection de poses sera «gelées» grâce à la technique de la photographie. Elles formeront la base du processus de la sculpture qui sera réalisée par les artistes dans leur studio.

 

Les images en deux dimensions photographiques seront transformés en cinq figures à trois dimensions utilisant de nouvelles technologies de modelage 3D, donnant vie à des maquettes à l’échelle réduite des Fées de l'Huveaune. Les cinq maquettes seront coulé dans du bronze échelle 1:1 et émaillées d'une couleur irisée. Les fées sculptures seront placées à cinq endroits différents le long des rives, qui s'étendent sur toute la vallée de l’Huveaune.

 

Marie demeure peut-être à découvrir à la source de l'Huveaune. Nous l'imaginons flottante et contemplative dans le petit lac de La Tourelle, qui ressemble à celui de la peinture de Millais, l'eau claire reflétant la passivité des montagnes de la Provence. Sur les bords pittoresque du Moulin Saint-Claude d’Auriol, à mi-chemin entre le port de Marseille et la source, nous nous apercevons Rose perchée sur les falaises, surplombant la profonde rivière, trempant ses pieds dans l'eau tout en rêvant. La Lavandière sera placée dans le Parc du Vieux Moulin près des ruines d'un ancien moulin et Ophélie, peut-être, dans le Parc Fabre afin de marquer la collaboration avec le ballet. Il va sans dire qu’Ubelka, la figure maternelle, nous accueillera dans le Parc Bourelly, pas dans la source que les légendes décrivent, mais à l'entrée du port historique de la ville de Massilia.

 

 

Nous sommes impatients de travailler avec vous à la création de ces femmes puissantes et nobles, un nouveau chapitre dans l'histoire de l’Huveaune, et nous espérons sincèrement que le workshop contribuera à la création de nouvelles histoires imaginaires.

 

 

Les cinq sculptures publiques ont été commandées par les nouveaux mécènes de la Fondation de France et la Ville de Marseille.

 

Un développement du workshop peut être imaginé sous la forme d'une série de spectacles pour inaugurer les sculptures dans le cadre de Marseille-Provence 2013.

 

 

Lucy et Jorge ORTA 2010

 


 

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