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Labellisation de Rivoire et Carret

département Bouches-du-Rhône
commune Marseille
appellation Ancienne usine Rivoire et Carret
adresse 11 avenue du Docteur Heckel
auteurs Germain FAURE
extension de 1988 : ATELIER D’ARCHITECTURE DE MONTGRAND : SCPA "M.BUISSON, J. PASQUA, J-J. SCAMPINI"
date 1925-1930 et 1988
protection édifice non protégé
label patrimoine XXe Commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) du 3 juillet 2012
 

C’est en 1860 avec les cousins Carret et Rivoire que débute l’histoire de l’industrie des pâtes alimentaires françaises ; ces derniers créent à Lyon leur première usine. Afin de se rapprocher des sources de matières premières, notamment du Maghreb, dès 1890-1892, les cousins Carret & Rivoire s’implantent entr'autres à Marseille avec une première usine dans la vallée de l’Huveaune, à St Marcel.

En 1925, les frères Francisque et Joannès Carret achètent le terrain de La Pomme - La Valbarelle, et y font construire un ensemble de bâtiments industriels qu'ils équipent de tous les éléments, outils, fluides, etc. nécessaires à la fabrication de pâtes alimentaires.

C'est en grande partie l’usine Rivoire & Carret que nous connaissons aujourd’hui. En 1931, Francisque et Joannès rentrent dans le capital de la Société Industrielle de Pâtes Alimentaires (SIPA), administrée par Jean et Yves Carret, en apportant l'usine dont l'exploitation a déjà commencé.

En 1934, la famille Carret participe à l’achat des "Jardins de La Pomme", où Gaston Castel construit la future cité Michelis qui logera une partie des ouvriers de la SIPA.

L’usine de St Marcel ferme ses portes en 1948 pour être transférée dans l’usine de La Pomme - La Valbarelle qui prend le nom de Rivoire & Carret.

A partir de 1971, la société devient Rivoire et Carret - Lustucru.

En 1988, des agrandissements de l’usine de La Pomme - La Valbarelle sont encore réalisés puis en 2000 la marque Rivoire & Carret disparaît au profit de Lustucru.

En mars 2003, l’usine cesse son activité.

Le site de l’usine Rivoire et Carret est profondément inscrit dans la trame urbaine du secteur. Le terrain plat, de forme presque carrée et d’une surface de 47000 m² est limité au Nord par l’autoroute reliant Marseille à Aubagne. Au sud, c’est le boulevard de La Valbarelle, sur la nationale 8, qui le longe, et auquel il présente sa face noble. La façade principale est tournée vers le noyau villageois de La Valbarelle, à l’ouest, et devancée par une large esplanade, dégageant complètement la vue du bâtiment depuis l’espace de la rue. A l’est, l’ensemble est mitoyen d’un autre groupe industriel. Cette inscription dans le tissu urbain est complétée par sa mitoyenneté avec le boulevard du Dr Heckel qui relie les noyaux villageois de La Valbarelle et de La Pomme. Enfin, la présence de la voie ferrée et de l’Huveaune, à proximité directe au nord du site terminent d’inscrire le site dans la morphologie du secteur.

Le site est clos par un mur en maçonnerie avec "chaperon au ciment". A l’ouest, le portail d’entrée jouxte un petit bâtiment d’accueil, ouvrant à la fois sur la rue et sur l’usine.

Le complexe est constitué de plusieurs bâtiments organisés en fonction d’une trame de circulations ouvertes ou couvertes. Les différentes entités sont de valeurs architecturales inégales. Si l’ensemble du complexe est de facture modeste, les parties ouest et sud, tournées sur le quartier, présentent des éléments de modénature tels que moulures et corniches.
Le bâtiment sud, de facture néoclassique, d’une longueur de 100 m, est suivi d’un bâtiment industriel de 60 m. Le bâtiment principal s’élève sur trois niveaux pour sa partie ouest et sur deux niveaux sur sa partie est. La façade sud, est rythmée dans toute sa longueur par une succession de baies, en plein cintre au rez-de-chaussée et rectangulaires aux niveaux supérieurs. L’entrée se fait par un avant corps sur la face ouest.
La façade principale s’ordonne autour d’une cheminée flanquée de deux châteaux d’eau. Elément identitaire de l’usine, l’ensemble est surnommé "la Dame Blanche" ou " cathédrale blanche" par les habitants du quartier. Il se prolonge de chaque côté par un bâtiment d’un seul niveau reprenant le motif de la baie en plein cintre de manière plus espacée.
A l’arrière de ces "bâtiments façades", de vastes entrepôts aveugles éclairés en toiture occupent le site ; une vaste ceinture libre est réservée aux circulations sur toute la périphérie. Ces bâtiments d’environ 8 mètres de hauteur sont couverts de toitures à deux pentes en tuiles plates à l’exception d’une toiture terrasse en béton armé. Charpentes et planchers sont en fer et bois. Enfin, toutes les façades sont couvertes d’un enduit de béton imitant la pierre de taille.
Le groupe de bâtiments industriels livré en 1931 couvrait une superficie de 13521 m2. Dans les nombreuses dépendances de l’usine se trouvaient la chaufferie, les logements du directeur et du concierge, le poste électrique et la salle de pompe pour l’alimentation en eau ainsi que deux réservoirs en béton armé de 135 m3. Un système de canalisation en grès permettait l’évacuation des eaux vers l’Huveaune.
Après être restés inexploités pendant 9 ans, les bâtiments ne semblent pas avoir subi de dégradations trop importantes, il ne subsiste par contre aucun des équipements industriels qui occupaient l’intérieur. Seules modifications : installation d’un dépôt souterrain de liquide inflammable en 1941 et construction en 1988 des laboratoires et différents bureaux sur la partie nord.

Enfin, quelques réfections des intérieurs ont été effectuées en 2005 par l’entreprise DT Est.

Seule l’usine d’origine est labellisée.
 
Rédacteur Maruscha Croizer, drac paca, 2012
Source : Association "Rives et Culture"

 

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